Passons maintenant au déroulement pratique du bilan : découvrez, pas à pas, les étapes clés d’un bilan pensé pour s’adapter au vécu, au rythme et au consentement de chaque patient.e.
Au fil de ces étapes du bilan kinésithérapique, il est essentiel que le thérapeute puisse questionner avec justesse. Les recommandations officielles¹ soulignent aujourd’hui l’importance d’aborder systématiquement le sujet des violences lors du bilan², avec tact et sensibilité.
Une manière adaptée consiste à poser des questions ouvertes qui respectent le rythme de la personne et laissent toujours la liberté de ne pas répondre, telles que :
« Avez-vous déjà été confronté(e) à des violences physiques, psychologiques ou sexuelles? »
« Vous sentez-vous en sécurité dans votre environnement, au quotidien ? »
Ces questions peuvent sembler difficiles à poser mais leur formulation ouverte, sans obligation de réponse, crée justement un espace protecteur propice à l’expression ou au silence : les deux sont valides.
Elles permettent de mieux comprendre les plaintes fonctionnelles, les douleurs persistantes et les troubles corporels, notamment lorsqu’ils peuvent être en lien avec un vécu traumatique.
Elles contribuent également à libérer la parole, à reconnaître le vécu de la personne et à faciliter son accès à une prise en charge adaptée, qu’elle soit pluridisciplinaire ou spécialisée, si besoin.
En pratique, quelques principes essentiels guident la manière d’aborder ces questions et d’accompagner la personne avec sécurité, respect et professionnalisme :
- Toujours garantir la confidentialité et préciser d’emblée que la personne peut choisir de ne pas répondre.
- Respecter le rythme, l’émotion, les hésitations : ne jamais insister, reformuler ou relancer de manière intrusive.
- Accueillir sans jugement ce qui est dit… et ce qui n’est pas dit.
- Orienter, soutenir ou accompagner si une révélation survient : relais pluridisciplinaire, réseau spécialisé, attestation clinique si indiquée, continuité de soins sécurisée.
¹ HAS, Ordre des masseur-kinésithérapeutes, Cochrane Review 2014
² En général, ce sujet est abordé lors de l’anamnèse mais il peut tout aussi bien l’être plus tard, au fur et à mesure que s’installe un lien de confiance entre le/la patient.e et le thérapeute. Quoi qu’il en soit, il reste indispensable qu’il soit évoqué à un moment du parcours de soin.
Pour synthétiser, voici les points clés à retenir : ils reprennent les grandes étapes et les conseils abordés précédemment, tout en apportant de nouvelles pistes concrètes pour la pratique.
