Les situations rencontrées en pratique sont souvent complexes et imprévisibles. Les cas cliniques suivants vous plongent dans des situations réelles, où l’écoute, l’adaptation et la posture professionnelle sont aussi importantes que les gestes techniques.

Nous vous proposons de réfléchir à votre posture, vos choix et vos ajustements face à des situations concrètes rencontrées en cabinet.

Une patiente de 38 ans consulte pour des douleurs pelviennes chroniques persistantes malgré différents traitements.

Après plusieurs séances, elle confie à demi-mot qu’elle a subi des violences dans son adolescence, mais n’en a jamais parlé à aucun soignant.

Une patiente qui ne “sent” pas ou n’accepte pas d’aborder sa ceinture pelvienne disant, par exemple, « c’est comme si cette partie de mon corps n’existait pas ».

Voici un dernier cas clinique, particulièrement riche, qui rassemble plusieurs signes clés à repérer dans la pratique kinésithérapique.


 

Un patient, 35 ans, consulte pour des douleurs musculo-tendineuses et articulaires diffuses, présentes depuis plusieurs années et résistantes aux traitements habituels.

Il mentionne également des épisodes de douleurs abdominales, des phobies dans certaines situations sociales et médicales, une grande fatigue et des troubles du sommeil.

Le dossier médical signale une hypertension récemment diagnostiquée et des antécédents d’addictions au cannabis à l’adolescence.

Il évoque des difficultés sexuelles épisodiques (érection), une anxiété persistante et un passé scolaire instable, marqué par des fugues et des comportements à risque.

 


 

Les signes d’alerte à retenir sont les suivants : 

  • Douleurs chroniques diffuses non expliquées par une pathologie organique connue
  • Fluctuation du ressenti corporel : zones parfois décrites comme « absentes » ou difficiles à ressentir
  • Multiples plaintes somatiques, troubles fonctionnels (digestion, sommeil, tensions musculaires)
  • Histoire de troubles scolaires et de comportements à risque à l’adolescence
  • Addictions et difficultés relationnelles anciennes ou persistantes
  • Réticence à certains gestes, à la proximité corporelle ou à l’évocation de certaines zones
  • Symptômes anxieux ou phobiques, fatigue persistante, « trou noir » dans les souvenirs de l’adolescence

 

On peut être face à quelqu’un ayant été victime de violences sexuelles mais ce n’est pas au kinésithérapeute de faire le diagnostic, lui, doit adapter son traitement et orienter vers les professionnels compétents, si besoin.